Accueil > Comprendre la fanfiction > La Fanfiction expliquée à ma mère >

<< La Maison Mère  | |   Publication : en pratique >>

Petit guide à l’usage des mères dont les filles écrivent des fanfictions

Par Vert

III : Les grandes lignes d’une fanfiction

Où l’on parle du traitement des personnages
Où l’on aborde des questions de narration
Où l'on termine avec des considérations plus matérielles

Haut de page

Introduction citative

Maintenant que vous êtes rodées sur la question de la lecture de fanfictions, il convient de s'arrêter quelques instants sur le contenu de celles-ci. En effet, même si une fanfiction n'est PAS un pastiche, elle se présente néanmoins sous un schéma récurrent régulièrement répété par les auteurs, d'abord parce qu'étant eux-mêmes lecteurs, ils le connaissent très bien. Car si un lecteur de fanfiction aime être surpris, il tient quant même à son petit confort, à une certaine forme de stabilité dans les histoires qu'il lit. D'où certains poncifs, que ce soit dans le traitement des personnages ou dans celui de la narration.

Il convient néanmoins de préciser que ce guide n'est pas exhaustif, qu'il ne fait qu'effleurer, et de très loin, le riche univers des fanfictions, et que toutes les fanfictions ne le suivent pas. Et donc qu'une fanfiction est bien plus que ça. Même si c'est aussi ça, car comme l'a si bien dit un grand monsieur du XIXe siècle, le fameux peintre Jean Auguste Dominique Ingres :

C'est en se rendant familières les inventions des autres qu'on apprend, dans l'art, à inventer soi-même

A noter qu’il a aussi déclaré un jour :

Ce n’est pas avec du vinaigre qu’on prend les mouches, c’est avec du miel et du sucre.

Ce qui s'applique assez curieusement également au monde de la fanfiction.

Et tant qu'à faire dans la citation artistique… Voyez les sages paroles de Picasso, qui collent remarquablement au monde de la fanfiction :

Qu'est-ce qu'au fond un peintre? C'est un collectionneur qui veut se constituer une collection en faisant lui-même les tableaux qu'il aime chez les autres

Bon allez, en avant, les fanfictions nous attendent ! Haut de page

Les personnages

Le premier point à étudier, lorsqu'on aborde une fanfiction, est le traitement des personnages. En effet, par sa nature même, la fanfiction pose un problème majeur : que faire de ceux qu'on s'approprie ? Et peut-on légitimement en introduire d'autres de notre propre composition ?

Les préexistants et leur interprétation

La première étape dans l'écriture d'une fanfiction est de s'approprier les personnages existants, soit en essayant d'être au plus près du canon (son caractère originel) soit en... explorant de nouvelles possibilités, en lui faisant prendre une direction légèrement déviante, voir carrément différente. Voyons des exemples avec les grands classiques :

Harry

Harry, le personnage en principe le plus important de l'histoire, est celui dont les multiples personnalités traversent toutes les nuances de gris entre le noir obscur et le blanc lumineux. Voyons quelques cas de figures précis, qui sont souvent indiqués dans le résumé via des termes anglais :

Le « Superpowerful » Harry :

Il vole tout seul, fait de la magie sans baguette, est un metamorph-quadrimagus (comprenez : il est métamorphmagus et peut prendre quatre formes animagus différentes, de préférence des animaux du style phénix, griffon...), en sait plus que tout le monde (y compris ses professeurs) sur la magie, il est super intelligent et s'il a pas encore tué Voldemort, c'est juste qu'il n'a pas eu l'occasion de le faire... Non, ce n'est pas Superman, c'est bien Harry.

Il s'agit d'une incarnation fréquente de Harry, qui existe avec quelques variations, mais au demeurant assez exaspérante. A noter qu'il se combine souvent avec le Harry "héritier de Gryffondor/Serpentard" (voire les deux !) et autres formules susceptibles de justifier son état, lequel a une influence sur la trame narrative. Il découvre généralement ses pouvoirs le jour de son anniversaire, passe par une phase d'apprentissage (accélérée), puis une période de remise en question, de ses capacités ou de son statut, souvent suite à un échec quelconque.

Le Harry héritier de... :

Extrêmement lié à la personnalité précédente, ce Harry est caractérisé avant tout par des ancêtres célèbres, sages, superpuissants, qui lui ont forcément transmis tous leurs dons. La formule la plus courante est celle de l'héritier de Gryffondor, et ce à cause de quelques éléments dans les livres laissant deviner une éventuelle filiation. Néanmoins, la formule héritier de Serpentard connaît également un vif succès, quand ce n'est pas "l'héritier des quatre fondateurs de Poudlard". Il existe un autre ancêtre de choix : Merlin.

Cela se traduit dans la narration par une révélation de l'héritage, toujours le jour de son anniversaire, souvent avec de mystérieux pouvoirs, des parchemins qui apparaissent tout seuls, un héritage riche en chambres secrètes, en demeures immenses et en objets et livres magiques de grande valeur (et d'importance pour l'histoire).

Le Dark Harry :

Comme l'indique si bien son nom, ce Harry là a viré du côté obscur de la F… de la magie. On le retrouve souvent dans les Univers Alternatifs, où il démarre donc sa scolarité à Serpentard et arrive même à copiner avec Rogue. Il peut se lancer dans une carrière de mangemort, se révolter contre l'autorité en place (enfin… plus que d'habitude)… Son parcours est souvent caractérisé avant tout par une étude approfondie de la magie noire (à commencer par les Sortilèges Impardonnables), et une tendance à sympathiser avec les "bad guys" (Rogue, Malefoy, Voldemort etc.).

Le Harry dépressif :

Conséquence directe du tome 5, bien qu'il existe déjà avant, ce Harry-là est dépressif, et en général remonté contre l'humanité entière. Il présente donc tous les symptômes traditionnels de la dépression d'une façon très stéréotypée, sans doute tirés de livres et répétés à l'infini dans les fanfictions. On y retrouve donc les scènes de Harry qui ne mange rien, Harry qui se coupe du monde, Harry qui ne parle pas à ses amis, et Harry qui s'enferme dans le travail pour oublier, d'où la création d'un Harry Super Powerful. Et aussi légèrement Dark Harry sur les bords...

Le Harry « J’me fais toute bel... euh beau » :

Sans doute une suite logique du fait que la quasi-totalité des auteurs de fanfiction appartiennent à la gente féminine, ce Harry-là se reprend en main physiquement parlant pour plaire à ces mesdames (autrices, ou personnages fictifs, c'est difficile à déterminer). On assiste donc à des scènes de Harry fait de la musculation, Harry va chez le coiffeur, Harry s'achète des lentilles de contact, Harry fait les boutiques (et s'achète de préférence des pantalons en cuir), et enfin Harry fait des ravages à son retour à Poudlard.

Le Harry normal :

Et oui, ça lui arrive d'exister à lui aussi. Il reprend grosso modo les caractéristiques du Harry du livre.

Haut de page
Rogue

Severus Rogue est l'un des personnages dont la représentation dans les fanfictions ne varie jamais d'un iota et se présente sous deux possibilités majeurs : le traître convaincu méchant, vil et abject et l'espion ancien mangemort repenti de Dumbledore. Si la première catégorie est assez restrictive et ne change guère, la deuxième a donné naissance à pléthores de Severus Rogue qu'on peut s'amuser à détailler :

L’espion :

L'auteur se concentre essentiellement sur sa sympathique vie d'agent double, et joue sur les stéréotypes; comme le fait de devoir garder les apparences coûte que coûte, ce qui justifie son comportement avec Harry, et une tendance innée à dissimuler dans ses vêtements des mini fioles de potions bien pratiques, un portoloin, une seconde baguette... un vrai James Bond sorcier quoi, mais sans les filles !

Le père de famille :

Ce qu'on pourrait appeler la vie secrète du professeur Rogue, qui est marié, a de préférence deux ou trois enfants, et se comporte en un adorable père de famille, si ce n'est qu'il est un peu plus stricte que la moyenne. Cela peut être un état de fait, ou arriver durant l'année scolaire, la nouvelle professeur de Défense contre les forces du mal (voir plus loin), étant alors la candidate idéale comme future madame Rogue. Ah et il y a aussi le cas des Severitus et de ses variantes... que nous aborderons dans la partie suivante

Le tombeur :

Comme dans le cas de Harry, des autrices peuvent également penser à relooker notre bon vieux maître des potions. Cela commence en général avec un bon lavage de cheveux, puis une révision complète du costume... la mode moldu étant particulièrement appréciée… ah le miracle des jeans à la place de ses robes noires habituelles… et voir mieux, un tee-shirt blanc ! Et je ne parle même pas du cuir… Ce type de personnage est en général très lié à une future apparition du père de famille, dans le cadre d'un bal où il aurait invité la belle nouvelle professeur...

Le peace and love :

Ce Rogue-là, quelqu'un l'a pris en quatre yeux pour lui dire ce qu'il pensait de son comportement sordide. Par exemple grâce à l'intervention d'une femme fantastique. Sinon, ce peut aussi être Harry, Dumbledore, ou plus banal, la révélation de son statut d'espion pour Dumbledore. Et Rogue devient différent. Peuvent s'en suivre un relooking (voir plus haut), une petite idylle amoureuse, des éventuelles excuses à Harry et cie, et, apothéose, un cours de potions où il donne des points à Gryffondor. Le comble du bonheur reste le retrait de points à Serpentard, associé à une réplique cinglante de Rogue à Malefoy.

Dumbledore

Le professeur Dumbledore fait partie de ces personnages que les auteurs cernent difficilement. Il reste en général assez canonique, ce qui permet d'éviter d'avoir à justifier ses actions. On note néanmoins quelques figures récurrentes : le Dumbledore manipulateur (si possible doté de mauvaises intentions, ou non), le Dumbledore qui se repent de sa tendance manipulatrice (ce qui donne lieu à des scènes touchantes pleines d'émotions avec Harry), le Dumbledore héritier de Merlin/Gryffondor/etc., et le Dumbledore "Harry je suis ton grand-père".

Haut de page
Drago

Ce petit Rogue junior, en nettement plus mignon, joue sur les mêmes tendances que son modèle. Il peut donc se présenter sous la forme de la sale teigne qui pourrit la vie de Harry, ou sous celle du méchant revenu du bon côté, gentil tout mignon, qui est prêt à tout pour son nouveau modèle, Harry, y compris à lui prêter son pot de gel magique pour l'aider à aplatir ses cheveux. Enfin, il existe le modèle intermédiaire, pas forcément mauvais jusqu'à la moelle, mais loin d'être l'ange dont il a l'apparence. Habile dans la conspiration, dans la manipulation, il aura éventuellement des affinités avec Hermione, Ginny, et plus rarement Harry. Il peut aussi jouer à l'espion, comme Rogue.

McGonagall

Le professeur McGonagall est généralement oubliée des auteurs qui la replacent dans son contexte, le cours de métamorphose, et en restent là. On trouve néanmoins quelques histoires qui la mettent en valeur, avec des résultats très variés. La forme la plus courante est celle de "Je soutiens Harry Potter, je lui donne des cours de rattrapage et je lui apprends à devenir animagus". Mais on a aussi affaire à des "Harry je suis ta marraine/grand-mère", des "je suis une femme fatale sous mes traits de vieille" (j'exagère à peine) et autres extrêmes.

Ron

Ron, comme McGonagall ou finalement tout allié de Harry Potter sans aucune ambiguïté, se contente en général de son habituel rôle de meilleur ami, de pilier de soutien, de second en duel, etc. Il peut également virer dans des tons plus sombres et radicaux, du genre "je me dispute avec Harry à la mode du tome 4, mais y'a pas de dragon pour nous réconcilier", ou "je suis mangemort". En fait assez bizarrement Ron est un personnage assez mal aimé des auteurs, et donc rarement mis en valeur.

Les nouveaux venus, toujours les bienvenus

A côté de ces anciens personnages, l'auteur en introduit souvent des nouveaux, pour meubler, pour ouvrir vers un autre horizon, parce que ça sert l'intrigue ou parce que le personnage existait mais n'avait pas d'histoire. Là aussi, un certain nombre de stéréotypes prédominent.

Le problème des personnages féminins

Lorsqu'on écrit dans le monde de Harry Potter, pourvu qu'on veuille rajouter une petite touche d'amour dans la vie de nos personnages, un problème se pose vite : où sont les femmes ?

Et oui... la parité dans Harry Potter, ce n'est pas ça, surtout que dans le peu de jeunes filles disponibles, la plupart ne plaisent guère à l'auteur. Ce qui explique que bon nombre des nouveaux personnages introduits dans les fanfictions soient... des femmes. Et oui, il faut équilibrer. Ca ou les apparier tous entre hommes, ce qui a quand même ses limites (que certains ne connaissent pas d'ailleurs mais bon...). Haut de page

Les élèves

Pour meubler un peu les classes de Poudlard, parce que JK Rowling donne peu d'informations sur les autres élèves, tout auteur de fanfiction se doit d'introduire de nouveaux élèves pour éviter de tourner toujours en rond avec les mêmes personnages. Et comme Harry se fait généralement grand dans ces histoires, il n'est pas possible de le faire copiner avec les premières années, bien que ça arrive parfois.

Deux solutions se présentent alors : on peut introduire de nouveaux personnages comme s'ils avaient toujours été là, mais que Harry, myope de son état, n'avait jamais remarqués. Cette procédure est susceptible de marcher tant que tout reste cohérent, à savoir pas de nouveaux élèves dans son dortoir par exemple… et pas cinquante cinquièmes années qu'il ne connaît pas. Ca fonctionne donc très bien surtout pour les autres années et maisons.

Mais la plupart des auteurs préfèrent une entrée plus glorieuse servie par un processus narratif désormais rodé : l'échange d'étudiants. On a donc affaire à un groupe d'étudiants, de préférence de l'âge de Harry, arrivés là soit par un échange linguistique à sens unique (bizarrement personne n'a jamais envie de quitter Poudlard pour aller voir ailleurs), soit parce que Voldemort a détruit leur école. Ceux-ci sont répartis, avec de préférence quelques Gryffondor.

Enfin, dernière possibilité, l'arrivée imprévue d'un, et le plus souvent d'une nouvelle élève, pour cause de déménagement (classique rarement utilisé), mais surtout de découverte inopinée de pouvoirs, de meurtre dans la famille, ou de filiation douteuse qui la met en danger. Il s'agit de la porte d'entrée royale pour toutes les Marie-Sue (voir plus loin).

A noter que même si nos nouveaux élèves débarquent de Chine orientale, ils n'auront pas pour autant des problèmes de compréhension, cela fait partie de la magie de Harry Potter. Par ailleurs, ce sont en majorité des filles, afin de pouvoir plus facilement caser tous les garçons de l'école dans un éventuel bal d'Halloween/Noël/St Valentin.

Les professeurs

Ceux-ci, généralement des celles-ci, débarquent habituellement de la même façon que les élèves, soit comme des professeurs jamais repérés jusque là (ceux d'étude des runes et d'étude des moldus ne sont même pas nommés dans les livres !), soit comme de nouveaux professeurs, qui officient soit en Défense contre les Forces du Mal (quelle surprise !), soit dans une nouvelle option inventée pour l'occasion (Duel, Cuisine magique, Théâtre...), ou encore à la place d'un professeur parti à la retraite (Binns en tête).

Il existe un certain nombre de professeurs récurrents : la petite amie/fiancée/femme de Sirius, l'Auror (homme ou femme), la marraine de Harry, Arabella Figg (voir plus loin pour ce personnage techniquement existant mais...), et le membre de la famille de Dumbledore.

Le cas Marie Sue

Il s'agit du personnage inventé phare de tout l'univers des fanfictions. Vous l'avez peut-être déjà rencontrée, vous la rencontrerez forcément, mesdames et messieurs, l'incroyable Marie Sue (ou Mary Sue pour les anglophones). Ce nom ne vous dit rien ? Normal, elle ne s'appelle jamais Marie Sue en fait. L'origine de ce nom est assez difficile à tracer, car Marie Sue traverse toutes les catégories de fictions, qu'elles soient fanfictions ou non. Elle est partout !

Note d'Alixe : elle serait issue d'une fic du fandom Star Treck. C'était une fille très forte qui cachait plein de malheur dans sa jeunesse. Elle a donné son nom au genre...

Et oui, c'est une fille, ou du moins dans 99,9% des cas. Sans doute parce que comme précisé plus haut, le monde de Harry Potter est un monde de filles. Aussi parce que Marie Sue est tout simplement une sorte de représentante idéale de l'auteur dans le monde fictionnel. Et que la proportion filles/garçons chez les auteurs de fanfiction est à peu près celui des classes d'histoire de l'art... comprenez " mais où sont les hommes ? "

Donc à quoi reconnaît-on une Marie Sue ? Son prénom est un bon indicateur : ce peut être celui de l'auteur, celui de sa chanteuse/actrice/écrivaine… préférée (ce qui justifie sans doute la prédominance des prénoms américains chez les Marie Sue françaises), ou un prénom très tarabiscoté inventé pour l'occasion, de préférence imprononçable, qui implique forcément un surnom

Marie-Sue est en générale belle, très belle, belle à en tomber, du genre à ce que tous les garçons bavent devant elle. Elle a d'ailleurs un goût excellent en matière de vêtements, de maquillage, de coiffure… Elle est souvent au top de la mode moldue, ce qui forcément impressionne tout le monde, même si les sorciers se soucient en théorie de la mode moldue comme de leur premier balai-jouet.

Ah oui et Mary Sue est réputée pour être douée dans tous les domaines qui soient, que ce soit en cours ou ailleurs. Hermione ? A côté d'elle c'est une petite joueuse ! Quidditch ? Marie Sue remplace une équipe à elle seule ! Les Maraudeurs ? Ce ne sont que des amateurs, Marie Sue se changeait déjà en animagus lion dans son berceau. Alors forcément, Dumbledore, à côté d'elle, il fait pâle figure...

Autre indication, sa famille, qui est forcément anormale. Soit elle a des ancêtres remarquables (héritière d'untel, ou sang elfique ont la cote), soit ses parents sont morts (assassinés souvent, ce qui justifie un changement d'école, voir plus haut). Son passé, ses origines, sa vie, sont marqués du sceau du mystère avec un grand M. Elle est aussi assez souvent fille unique, ce qui doit sans doute justifier son caractère.

Enfin bref, si tous ces éléments ne vous suffisent pas pour la reconnaître, sachez que dans sa vie à Poudlard, elle sort souvent avec Harry, Drago, voire les deux. Elle a toujours systématiquement raison, elle est plus forte que tout le professorat de Poudlard réuni, tout le monde l'admire (sauf les méchants, cela va de soit), et elle a surtout une méchante tendance à prendre la place des autres personnages, qui ne deviennent vite que de simples figurants dans la grande et belle histoire de la vie de Marie-Sue.

Voilà donc ce qu'est une Marie Sue. Cela dit, il est bon de noter que ce n'est pas toujours comme ça, et que certaines Marie Sue s'en sortent très bien, pourvu que l'auteur se débrouille pour en faire un personnage intéressant et bien intégré à l'histoire.

A noter qu'il existe un équivalent masculin de Marie Sue, un certain Gary Stu, qui présente les mêmes types de caractéristiques. Ceci dit, sa fréquence d'apparition est beaucoup plus faible.

Haut de page
Quelques grands classiques de personnages inventés :

Au-delà de la présence récurrente de Marie Sue, un certain nombre de personnages inventés interviennent régulièrement dans les fanfictions, sortes de poncifs qui peuvent faire leur apparition seul ou en groupe, et qui sont d'ailleurs parfois de vrais Marie Sue en puissance. Les exemples présentés ne sont pas forcément exhaustifs, et s'appliquent avant tout à des fanfictions écrites avant la sortie des tome 5 et 6, ou ne les prenant pas en compte.

La fille de Voldemort

Il s'agit de LA Marie Sue n°1, sans doute la première à avoir existé, et qui continue encore aujourd'hui à faire des ravages. Elle peut être douce comme un agneau ou méchante comme une vipère, Gryffondor dans l'âme ou Serpentard jusqu'à la moelle, parfaitement au fait de sa parenté ou cherchant à élucider le mystère de ses origines, envoyée par son père pour détruire Harry Potter ou au contraire révoltée contre sa famille, et fermement résolue à aider Harry.

Elle est généralement de l'âge de Harry, à quelques années près. Quelque soient sa vie, son caractère, ses motivations, elle a 99,9% de chance de tomber amoureuse de Harry Potter et de repasser du bon côté si elle était mauvaise avant la fin de l'histoire.

Son existence tient surtout aux nombreuses rumeurs courant sur le tome 5 après la sortie du 4, parmi lesquelles se trouvait mentionnée une certaine Ange Jedusor (avec une Arabella Figg, une obscure histoire de torche verte, et un magnifique extrait du tome 5 disponible uniquement en français !). C'est une preuve vivante que dans quelque univers qui soit, la généalogie à la mode Star Wars reste une référence. Comme Roméo et Juliette.

Ses variantes, Melles Black et Rogue

Autres Marie Sue en puissance, souvent taillées sur le même modèle que la précédente : élèves, en conflit avec le père, passé mystérieux, petites amies potentielles pour Harry... elles jouent sur les mêmes caractéristiques que la fille de Voldemort.

Leur présence permet en général d'introduire l'histoire d'amour passée de leurs parents, Messieurs Black et Rogue n'étant pas des hommes avec lesquelles une relation longue durée est possible, bien que cela finisse en général par une réconciliation émouvante. Les dites Mme Black ou Rogue sont d'ailleurs régulièrement des amies de longue date des Maraudeurs ou de Lily (cf le 5e maraudeur et la marraine).

D'autres variantes sur la thématique " fille d'un personnage connu " existent, du genre (arrière) petite fille de Dumbledore, membre de la famille de Lupin (demi-soeur, fille...)...

La soeur jumelle cachée

Autre manifestation certaine d'un syndrome Star Wars, la célèbre sœur jumelle cachée qui débarque comme ça, qui peut parfois être Hermione, ou un nouveau personnage qui débarque là par hasard, après avoir étudié en Amérique auparavant. Elle possède les mêmes capacités à devenir une Marie Sue, le côté petite amie en moins, quoique qu'elle fasse en général un très bon parti pour Drago, au grand déplaisir de Harry. Ah que ne ferait-on pas pour transformer Harry en grand frère protecteur ?

Le frère caché

Taillé sur le même modèle que la précédente, il peut être l'aîné, le cadet (même si ça semble difficile) ou le jumeau de Harry. Il a souvent été séparé de Harry pour de mystérieuses raisons, allant du "pouvoir étrange et dangereux qu'il possède" à "j'ai été kidnappé par des extraterr… des méchants !".

La nouvelle professeur de Défense contre les Forces du Mal

Après l'annonce officielle de JK Rowling que le professeur de DCFM serait une femme, les fanfictions ont vu fleurir toute une série de professeurs féminines hautes en couleurs, dont la plus célèbre n'est autre que Arabella Figg. Elle combine facilement les caractères de (future)(ex-)femme de Maraudeur/Rogue et de marraine de Harry. Elle est souvent belle, met la pâtée à tout le monde (surtout aux Serpentard), et fait des cours extrêmement intéressants. Elle a pu être Auror, ou langue-de-plomb dans son passé. Dumbledore l'a souvent débauché des Etats-Unis où elle refaisait sa vie, ce qui justifie son absence des premiers tomes.

La marraine

Etant donné que Harry a un parrain, la logique voudrait donc qu'il ait une marraine (même si ce n'est pas le cas, selon JK Rowling). Un grand nombre de personnages féminins inventés ont donc tenu ce rôle au travers des fanfictions. Ce sont en général des amies de Lily, souvent engagées comme professeurs pour justifier leur présence à Poudlard.

Le/La 5e maraudeur

Ce personnage, masculin ou féminin, apparaît dans les fanfictions qui racontent la vie des Maraudeurs à Poudlard, ou dans celles sur Harry. Il s'agit d'un animagus déclaré, qui remplace les autres Maraudeurs auprès de Harry, vu que ceux-ci deviennent de plus en plus indisponibles. Il va donc pouvoir raconter plein d'anecdotes sur les parents de Harry. Si c'est une femme, il s'agit à coup sûr de la marraine de notre héros, ou de la femme/fiancée de Sirius ou Remus.

Arabella Figg, ou le cas du développement d’un préexistant

C'est une exception dans la série des personnages inventés. Elle existe en principe déjà, mais les interprétations diverses que lui ont donné les auteurs en fait pratiquement un personnage inventé à lui tout seul. En effet, les rumeurs précédant la sortie du tome 5, ajoutées à la mention de son nom à la fin du 4, ont déclenché une grande campagne de valorisation de ce personnage, qui devient souvent le nouveau professeur de Défense. C'est en général une sorcière, qui vit déguisée sous une apparence de vieille femme pour tromper son voisinage et Harry. Elle peut également être liée aux Maraudeurs, marraine...

Arabella est l'expression même de tous ces personnages uniquement cités par JK Rowling, qui se développent incroyablement sous la plume des auteurs. Haut de page

La Trame narrative

Une fois que les personnages sont définis, l'histoire peut commencer. Si en théorie toutes les histoires sont différentes, il existe, de même que pour les personnages, certains poncifs de narration : des formes récurrentes d'histoire qui reviennent perpétuellement. La forme la plus classique est celle d'une année à Poudlard, à l'image des livres originels.

Une année à Poudlard dans ses grandes lignes
Les Vacances... ah nos jolies colonies de vacances...

L'histoire commence forcément pendant les vacances de Harry, de préférence chez les Dursley. Le moment idéal est le 31 juillet, jour de son anniversaire, afin de se lancer dans un processus de création de cadeaux originaux et en principes super utiles pour la suite. L'auteur peut faire précéder ce moment d'émotion d'un chapitre sur Voldemort, à la façon du tome 4, où il raconte plein de choses mystérieuses et tue et/ou torture quelqu'un. Peu de temps après son anniversaire, Harry peut aller finir ses vacances ailleurs (chez Hermione, chez les Weasley, chez Sirius ou à Poudlard) ou rester dans sa merveilleuse famille.

Le Chemin de Traverse... l’horreur des boutiques

A un moment ou un autre des vacances, Harry sera sans doute amené à aller faire ses courses de rentrée, après l'arrivée de l'habituelle lettre de Poudlard. C'est le moment idéal pour des retrouvailles entre amis et ennemis, pour une attaque inopinée des mangemorts, et pour introduire un nouveau personnage (nouvel élève perdu sur le Chemin de Traverse, professeur de Défense qui interrompt une "discussion" entre Harry et Drago). C'est aussi une excellente occasion pour le Harry désormais élève sérieux d'acheter plein de livres intelligents, ou pour le Harry "je m'fais beau" d'aller renouveler sa garde robe.

La Rentrée...

Après l'épisode du chemin de Traverse, la rentrée arrive, et tous les héros se retrouvent à bord du Poudlard Express (quand il n'a pas été remplacé par un autre moyen de transport). Il s'agit à nouveau d'un lieu idéal pour des retrouvailles émouvantes, la découverte d'une nouvelle élève seule dans son compartiment, ou d'un nouveau professeur qui aime les voyages en train, et pour un éventuel début d'idylle au détour d'un couloir.

Vient ensuite l'arrivée à Poudlard et la répartition, avec ou sans chanson selon les compétences de l'auteur, et l'introduction définitive des éventuels nouveaux élèves, répartis dans les maisons.

Le nouveau professeur de DCFM

Le nouveau professeur de Défense (il y en a toujours forcément un) peut être introduit sur le Chemin de Traverse, dans le train, lors du banquet de début d'année ou un peu plus tard, lors du premier cours par exemple.

Les 1ers cours

Ceux-ci sont généralement très détaillés, contrairement à ceux qui suivront (à l'exception des cours de potions et de défense, les seuls où il passe quelque chose), et les professeurs en profitent souvent pour lancer un programme de cours très difficile, du genre "se transformer en animagus". Le premier cours de défense donne le ton pour le reste de l'année. Il peut être notoirement ennuyeux, fantastiquement passionnant, uniquement pratique ou très théorique. C'est l'endroit idéal, à part en potions, pour lancer une petite confrontation Serpentard/Gryffondor.

Le Quidditch

Tout au long de l'année, le quidditch occupe en principe une grande place, au moins sous la forme de matchs, et de la fameuse sélection de l'équipe. C'est l'occasion de présenter un nouveau capitaine (Harry), de nouveaux joueurs (les Weasley et les Crivey en tête), des talents cachés qui se révèlent (le reste de Gryffondor, Hermione comprise), et une bonne petite dispute Gryffondor/Serpentard. Les matchs quant à eux impliquent avant tout au moins un blessé pour justifier de finir la soirée à l'infirmerie.

Les sorties à Pré-au-Lard

L'auteur se doit également de disséminer tout au long de l'année un certain nombre de sorties à Pré-au-Lard. C'est très pratique pour développer les petites idylles amoureuses, rencontrer Sirius (avant le 5) ou tout autre adulte extérieur à Poudlard, et acheter des trucs inutiles, du moins, c'est ce qu'on veut nous faire croire. C'est également le moment idéal pour intégrer une nouvelle attaque de mangemorts ou autres méchancetés du genre.

Haut de page
Halloween

Halloween est un instant idéal pour placer deux types d'évènements. D'abord un bal, si possible costumé, pour faire avancer les idylles, et ensuite des évènements tragiques avec des morts de préférence.

Noël

Il s'agit de la deuxième tournée de cadeaux supposés anodins mais utiles pour l'intrigue. La fête a souvent lieu à Poudlard, et cela permet de créer une ambiance très intimiste, porte ouverte à toutes sortes de fantaisies auxquels les professeurs participent parfois.

La St Valentin

Elle coïncide souvent avec une sortie à Pré-au-Lard, ou avec un bal. C'est le moment idéal pour faire avancer une intrigue amoureuse, avec en général un bout de rupture dans la vie de couple pour mettre un peu de piquant dans les relations amoureuses.

Les examens

Ils restent en général en toile de fond, quand ils ne sont pas bêtement annulés pour une raison x ou y. C'est l'occasion pour les héros d'éventuellement montrer leurs nouveaux talents magiques qui leur seront prochainement utiles.

La grande aventure de la fin de l’année, ou pourquoi le mal n’agit qu’en juin

Une fois les examens bouclés, ou juste avant, c'est le moment de mettre un point final à l'intrigue développée durant l'année, que ce soit la quête d'un objet mystère, d'une solution pour détruire Voldemort, etc. Les événements se précipitent, régulièrement grâce à un traître, et aboutissent en général soit à un enlèvement, soit à une attaque sur Poudlard. Harry et cie sauvent bien évidemment la mise, on leur accorde un certain nombre de points, si possible astronomique, les amoureux se réconcilient éventuellement, et l'année se termine. A noter qu'il existe certains tricheurs qui font arriver ces évènements à Noël, ou avant les examens, pour permettre à nos héros de passer leurs fameux examens en paix.

Le retour chez les Durley

Une fois l'année terminée, c'est le moment déchirant des adieux et du voyage du retour. Harry rentre alors chez les Dursley, sauf quand il a la chance d'aller passer ses vacances ailleurs. L'histoire s'arrête là, et peut éventuellement continuer dans une séquelle publiée par l'auteur.

Haut de page
Les autres grands poncifs de la littérature fanfictionnaire

Outre la traditionnelle fanfiction qui couvre l'année scolaire, il existe un certain nombre de " grands classiques " qui reviennent régulièrement parmi les histoires publiées. La liste ci-dessous est bien sûr loin d'être exhaustive sur le sujet.

Le voyage dans le temps

Il est difficile de dire qui le premier a lancé ce type d'histoire, mais c'est rapidement devenu un grand classique parmi les classiques. L'auteur profite d'un procédé scénaristique quelconque (retourneur de temps ou autre objet susceptible de voyager dans la 4e dimension) pour envoyer quelqu'un dans le passé ou dans le futur. Le plus souvent c'est Harry, qui atterrit dans 95% des cas vingt ans en arrière, pile poil quand ses parents sont encore à Poudlard.

Harry est souvent déguisé, intègre l'école comme n'importe quel élève, fait ami ami ou ennemi ennemi avec ses parents, et cela se termine souvent par la révélation volontaire ou involontaire de son identité, après quoi, l'auteur joue soit sur un sortilège d'amnésie de masse, soit sur l'assurance que ça ne changera pas le futur pour autant, du moins, lorsque l'histoire est terminée par l'auteur.

Quand ce n'est pas Harry qui remonte le temps, les maraudeurs peuvent venir faire un tour dans le futur. Ou alors Lily. Harry et compagnie font aussi de temps en temps une petite visite dans le futur, quand ce ne sont pas leurs descendants qui viennent les avertir d'un péril mortel. D'autres périodes ont la cote pour les voyageurs temporels : les années 1940, quand Voldemort fait ses classes à Poudlard, et les années 900-1000, quand Poudlard est fondé.

Le « Au temps des maraudeurs »

Même si son titre est souvent repris pour les fanfictions sur les voyages dans le temps, nous traiterons ici d'une autre forme de fanfiction, celle qui raconte la jeunesse des "parents" autrement dit les Maraudeurs, Lily, Rogue et compagnie. L'histoire inclut souvent un Voldemort en toile de fond, des tonnes de futurs mangemorts qui ont tous le même âge que nos héros, des parents d'untel, des grands-parents d'untelle, de merveilleuses blagues de maraudeurs, une belle histoire d'amour entre James et Lily, et si c'est possible, de jolies idylles pour les autres maraudeurs, en général avec les copines de Lily. Mélangez le tout et vous obtenez parfois une sorte de série télé pour adolescent à la sauce Harry Potter.

La post-Poudlard

Comme son nom l'indique, cette fanfiction couvre la vie de nos héros après Poudlard, et de préférence quand Harry en a enfin fini avec Voldemort. On y trouve le plus souvent les joies du travail, du mariage, et plein d'enfants qui se feront une joie de repeupler Poudlard, avec un éventuel retour de grand méchant et de nouvelles énigmes à résoudre en toile de fond.

La « Baby-fic »

Le principe de cette fanfiction est assez simple : souvent par l'intermédiaire d'une potion, un héros (le plus souvent Harry ou Rogue) rajeunit jusqu'à un âge qui se compte plus en mois qu'en années. Le responsable de cette transformation se retrouve souvent avec ce nouveau bébé sur les bras le temps qu'on lui trouve un remède. Ce qui donne lieu à de nombreuses scènes d'extases devant le nouveau-né ("oh qu'il est mignon" par toute la population féminine de Poudlard), et beaucoup de bêtises (dixit Fenice).

La Severitus et ses variantes (non, ce n’est pas un pizza !)

La Severitus (j'emploie le féminin parce que ça sonne mieux en fait) est une forme d'histoire particulière lancée par une autrice anglaise du doux nom de Severitus. Et effectivement, c'est en lien avec le personnage de Severus Rogue.

L'histoire originale racontait comment par le hasard des choses, Harry découvre qu'il est en fait le fils de Severus Rogue (oui, oui, à croire que Star Wars en a vraiment marqué beaucoup…). L'affaire en serait peut-être restée là, à cette histoire dont on attend d'ailleurs toujours la fin, si Severitus n'avait pas lancé un " challenge ", comprenez un défi en français, d'écrire d'autres histoires de ce type. Le fameux Severitus' Challenge était donc né.

A l'origine très cadré (se passe en telle année, avec tels personnages et telles conditions...), la formule s'est très vite élargie pour toutes les histoires où Rogue est le père de Harry, qui sont à ce jour extrêmement nombreuses… et ont énormément de succès (on en décompte facilement 400 rien que sur fanfiction.net).

Le Severitus' Challenge est à replacer en fait dans un groupe assez vaste des " unlikely relations " ,pour citer l'anglais, c'est-à-dire les relations invraisemblables qui peuvent s'établirent entre Rogue et Harry, allant des Severitus et Sevitus (techniquement les histoires qui ne correspondent pas aux conditions du défi de Severitus), aux Rogue-adopte-Harry (tout est dans le titre) en passant les Rogue-mentor-de Harry (idem).

Il s'agit d'un groupe d'histoires assez notoire, au point qu'il existe plusieurs communautés sur fanfiction.net, des groupes yahoo, et au moins un site web leur étant entièrement consacré.

Haut de page
<< La Maison Mère  | |   Publication : en pratique >>

Dernière modification de la page : 11/04/2011

La plupart des textes se trouvant ici ont été gracieusement mis à ma disposition par leur auteur ou traduits à partir de textes publiés en ligne par ceux qui en détiennent les droits. Vous pouvez les citer mais vous devez impérativement indiquer l'auteur d'origine et/ou, le cas échéant, reprendre le lien que j'ai mis vers le texte original.
Dans la mesure du possible, merci de mettre un lien vers l'article plutôt que le recopier intégralement. Conformément à la législation, vous avez le droit de résumer ou de citer brièvement tout texte qui vous intéresse.
Toute utilisation des textes se fera selon les termes de la Licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage à l'Identique 2.0 France.
Contrat Creative Commons